
C'est l'histoire de deux petits bouleaux perdus au milieu de parkings et d'immeubles dans une rue du doux nom de "rue de l'Industrie". Anodins, pliés par la neige record de mars 2006, on ne donnait pas cher de leur peau. Un chanteur du sud-ouest bien connu chantait "l'arbre va tomber, le monsieur veut garer sa voiture"... On s'y attend chaque jour à cette disparition, nous les locataires associatifs de la Maison régionale de l'Environnement.
Ces deux bouleaux révèlent sans le savoir l'importance de la pression d'observation. Il n'ont rien pour plaire, Besançon est une ville verte, le parc de la gare n'est pas loin... et pourtant...
Pourtant ils sont le coin de verdure pour les "ornithos de bureau" qui leur font face.
Alors voilà, bien des oiseaux communs s'y posent quelques secondes : mésanges, moineaux, fauvettes, pouillots, rougegorges, rougequeues, merles, etc.
Là où les choses deviennent étonnantes, c'est lorsque les raretés nationales font halte sur ces petits arbres : une invasion de jaseurs a lieu : ils se font survoler par les envahisseurs ; une invasion de sizerins se profile : des "cabaret" et des "boréaux" squattent plusieurs jours leurs châtons ; les bouvreuils "trompéteurs" de l'Oural défraient la chronique : ces derniers s'y posent plusieurs jours... et après un automne assez marquant pour le pouillot véloce de Sibérie : l'un d'eux passe en coup de vent ce 28 novembre.... par nos deux bouleaux !
Notez les teintes froides, l'absence de jaune dans le plumage, les pattes et le bec très noir (les lores contrastant aussi), un effet "barre alaire" (moins visible ici que sur le "terrain"), un sourcil plus long et plus marqué que nos véloces. Le cri plaintif a été entendu par Phil, ce qui nous dirige gentiment vers cette identification.